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Les femmes de gays sortent du placard

Les femmes de gays sortent du placard, en Chine.


On les appelle les « tongqi » ou « homowives ». Elles seraient plusieurs millions en Chine. Des femmes qui découvrent que leur mari est gay, marié uniquement pour se conformer à la tradition. Après le blues et le silence, elles ont décidé de s'organiser.

Un mariage à Pékin, en décembre 2008 (Claro Cortes/Reuters)

APékin, les femmes hétéros mariées à des homosexuels -les tongqi en chinois- commencent à faire parler d'elles. Sur les 20 (voire 30) millions de gays que compterait le pays, 80% auraient choisi de se conformer à la tradition confucéenne, c'est-à-dire de prendre femme pour assurer une descendance à sa famille. Les tongqi seraient donc au minimum 16 millions à vivre dans la frustration d'un mariage mal assorti.

Sur son blog, la sociologue et sexologue Li Yinhe, auteur de nombreuses recherches sur les homosexuels chinois, attire particulièrement l'attention sur leur situation, après avoir participé à un atelier de réflexion :

« Comme je défends le droit des gays et que je lutte contre la discrimination, une femme m'a interpellée dans la salle et m'a rappelé que je ne devais pas non plus les oublier. »

Manquement au devoir

Certaines femmes ont même éclaté en sanglots :

« Elles sont très malheureuses, parfois déprimées, poursuit Li Yinhe. Beaucoup ne connaissaient pas la sexualité de leur mari avant de se marier. »

Selon elle, il y a deux cas de figure. Dans un cas, les femmes ont le sentiment d'avoir été trompées par leur mari, elles sont blessées et exigent le divorce. Dans l'autre, elles connaissaient les penchants de leur mari mais l'aimaient et ont souhaité préserver leur mariage pour épargner leurs enfants.

En Chine, la notion de piété filiale influe énormément sur les choix de vie personnels. Ne pas offrir de descendance à ses parents apparaît comme un manquement au devoir. Certes, les choses évoluent petit à petit. Dans les grandes villes comme Pékin, Shanghai ou Canton, les jeunes s'affranchissent peu à peu du carcan des obligations familiales.

Doven, 31 ans, vit en célibataire à Pékin. Il soutient totalement le combat des tongqi même s'il est conscient que les choses changent très lentement en Chine :

« Je préfère me marier avec un homme, souligne-t-il, mais la plupart des gens estiment que le mariage gay n'a aucune valeur et j'aimerais leur ouvrir l'esprit. »

Pour Li Yinhe, les mariages hétéros des homos sont un phénomène très chinois :

« A l'étranger, la plupart du temps, les gays refusent les mariages hétéros, observe-t-elle. Ils restent célibataires, habitent ensemble ou se marient avec leur partenaire. En Chine, c'est différent car la culture du mariage est très oppressante. »

Aide psychologique

De leur côté, les tongqi s'organisent. En mars, le centre de recherche Pink Space leur a offert un espace de discussion :

« Elles s'appuient de plus en plus sur un site et une hotline, et tentent de prévenir les problèmes en faisant des diagnostics pour celles qui ont des doutes sur la sexualité de leur partenaire », explique Li Yinhe.

Et celles qui veulent divorcer reçoivent une aide psychologique pour alléger le poids financier et psychologique de l'événement. Les gays mariés vont devoir sortir du placard !


source: rue89.com/chinatown/

Amour Chine

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1 commentaires:

Sylvain Bruyère a dit…

Haha bien marrant

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